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Interview de Marc LENGLET co-auteur de La Fabrique de la Finance

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L’ouvrage “La Fabrique de La Finance” vient d’être labellisé par la FNEGE. Son co-auteur Marc LENGLET, enseignant-chercheur  à l’ebs Paris nous en dit un peu plus…Interview !

 

1) Vous intervenez au sein de l’ebs Paris, quelles sont vos missions ? 

 

Je suis enseignant-chercheur au sein du département Management, Stratégie, Systèmes. Comme tout enseignant-chercheur, je partage mon temps entre l’enseignement, la recherche et des responsabilités administratives. Pour ce qui concerne l’enseignement, j’interviens dans des cours sur la gouvernance et la responsabilité sociale des entreprises, et des enseignements proposant une approche hétérodoxe des activités financières. Ma recherche porte sur la régulation, la dissémination des normes et règles dans les marchés financiers ; j’emploie pour l’essentiel une approche qualitative, qui trouve son origine dans l’anthropologie et la phénoménologie. Sur le plan administratif enfin, je suis responsable de la pédagogie de la recherche : cela consiste principalement à organiser et à piloter au sein de l’école l’exercice du mémoire de fin d’études pour les étudiants de 4ème et 5ème années.

 

2) Votre ouvrage La fabrique de la finance, co-édité avec I. Chambost et Y. Tadjeddine vient d’être labellisé par le Collège de Labellisation de la FNEGE, dans la catégorie « Ouvrage collectif de recherche ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le sujet ? 

 

La FNEGE a mis en place il y a peu un Collège de Labellisation, qui s’est donné pour objectif de qualifier les ouvrages produits dans le champ des sciences de gestion : comme l’indique la FNEGE sur son site, il s’agit de distinguer ceux de ces ouvrages « qui ont un ancrage et un apport dans le domaine de la recherche en management et de mieux mettre en valeur la publication d’ouvrages en complément des articles académiques ». Compte tenu du caractère interdisciplinaire de l’ouvrage – qui propose une lecture des mondes de la finance à travers une multitude de prismes et de méthodes empruntant à la gestion, mais également à l’économie ou à la sociologie économique –, il nous a semblé légitime de postuler à cette labellisation.

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3) Pourquoi avoir co-écrit ce livre ? A qui s’adresse -t- il en priorité ?  

 

L’ouvrage fait le point sur quinze années de recherches dans le champ des « études sociales de la finance » (social studies of finance), produites par les membres d’une association de chercheurs actifs dans ce champ. Avec Isabelle Chambost et Yamina Tadjeddine, nous ne souhaitions pas proposer un ouvrage du type Handbook à l’anglo-saxonne, dédié exclusivement à un public académique (chercheurs, doctorants et étudiants en master). Au contraire, nous avons pris le parti de proposer un ouvrage qui puisse intéresser différents types de lecteurs : des académiques, bien sûr, mais aussi des étudiants en école de management ou en IAE qui, s’ils ne se destinent pas naturellement à la recherche académique, pourront de la sorte accéder à une lecture critique des représentations portées par le paradigme dominant de la finance contemporaine. Plus largement, toute personne intéressée par les mondes financiers devrait pouvoir y apprendre quelque chose.

 

4) En quoi cette approche se distingue-t-elle des approches plus classiques de la finance ?

 

Les études sociales de la finance se sont développées au tournant des années 2000, en France et à l’étranger. La branche française s’est constituée à l’initiative d’un groupe de jeunes doctorants, qui décidèrent de se réunir en séminaire pour échanger au sujet de leurs travaux respectifs. Depuis lors, l’interdisciplinarité et le rapport au terrain constituent deux éléments déterminants pour les chercheurs actifs dans ce domaine. Cela a à mon sens deux conséquences : tout d’abord, les sujets financiers sont abordés à partir d’exemples précis, puisés dans la réalité des pratiques observables ; ensuite, les éclairages proposés diffèrent le plus souvent de la vision dominante développée par l’économie financière – la seule enseignée massivement aujourd’hui, quoi qu’on puisse en dire. Pour ces deux raisons, les recherches produites proposent un éclairage original, parfois même dissonant, par rapport aux croyances et usages habituellement partagés à l’intérieur et en dehors des mondes financiers.

 

6)  Un conseil à donner à nos étudiants ?

 

Qu’ils lisent l’ouvrage ! Et qu’ils discutent les idées proposées, qu’ils y adhèrent ou non. Si je devais en effet donner une formulation au projet pédagogique sous-jacent, je dirai sans doute qu’il s’agit avant tout, pour moi, d’offrir aux étudiants l’occasion d’une prise de recul, au moment où ils s’apprêtent à entrer dans la vie active au sein des institutions et organisations qui constituent l’objet même de notre ouvrage.